Nouveauté

Comment reconnaitre un monstre

Gustave Roldàn

Apprends à “reconnaitre” un monstre grâce à la découverte de son corps drôle et bizarre. Soulève ses pattes, tire sa queue, chatouille ses oreilles poilues… jusqu’à mettre ta main dans sa bouche pleine de dents… Il t’en faudra du courage!

Chaque illustration présente une partie du corps d’un monstre sous forme de zoom. Une découverte séquentielle s’opère alors pour tous les lecteurs, voyants et non-voyants. La représentation complète du monstre se fera uniquement à la fin.

Chaque illustration est tactile et la majorité d’entre elles sont aussi manipulables.

70,00

Collection : Étiquettes : , , , , Je manipule, Je ne lis pas encore, Je suis un lecteur débutant
  • Fort contraste, À manipuler
  • Tiresias Infofont , corps 24
  • 9782365931090

Gustave Roldàn (texte)

Auteur illustrateur argentin, Gustuvo Roldan est né en 1965 à Cordoba où il a étudié le graphisme et la peinture. Il a également étudié au Pays-Bas. Il est aujourd’hui illustrateur et peintre.

Les Doigts qui Rêvent (illustrations)

Sensibilisation à la déficience visuelle

Ce livre est une adaptation d’une version illustrée parue aux éditions Éveil et Découvertes. Vous pouvez présenter aux enfants les deux versions de cette histoire, l’une à côté de l’autre.

Cela permet d’aborder de nombreuses notions :

  • La notion d’adaptation d’un livre, ici en un livre adapté aux publics en situation de handicap
  • Les différents modes de représentation (graphique, tactile)
  • La déficience visuelle (cécité et malvoyance) qui a pour incidence de rendre inaccessibles le texte et les illustrations imprimées (lisibilité et compréhension).
  • L’écriture braille

 

Autour de la découverte du braille, avec une tablette braille et un alphabet en braille comprenant le sens de lecture et le sens d’écriture, vous pouvez mener des ateliers d’écriture en braille d’une petite phrase ! Ou bien seulement décoder des mots ou une petite phrase en braille.

Pour aller plus loin, le livret d’activité Yes, you canne… apprendre le braille ! comprend de nombreux jeux évolutifs autour de l’écriture braille !

Observer, imaginer, représenter

Les personnages du livre sont illustrés avec des formes géométriques assez simples. Il s’agit d’une représentation morcelée des attributs constitutifs d’un monstre. En effet, la pratique tactile s’appréhende de façon séquentielle, par un processus d’exploration manuelle (contrairement à la pratique visuelle, qui s’effectue de façon globale, synthétique). À travers ce livre, on comprend donc le rôle que revêt le toucher lorsqu’on ne voit pas. Le séquençage du livre rend ainsi compte du temps d’exploration nécessaire à la découverte globale du monstre.

  • L’enfant pourrait par exemple imaginer ensuite sa propre idée d’un monstre, avec une représentation morceau par morceau comme dans le livre. Par exemple pour lui le monstre aura peut-être des oreilles en forme de rectangle et rêches et un nez piquant.
  • Puis l’enfant peut en faire une version tactile, par ex. en découpant une forme dans du carton, puis la décorer ou “l’habiller” avec des matières diverses à coller dessus : feutrine, plastique, papier de verre…
  • Il peut ensuite donner à lire à d’autres son histoire alternative, leur proposer sa version des choses.
  • Inversement, l’enfant peut imaginer ce que serait pour lui le contraire du monstre, son « ennemi » : une créature gentille, douce, autant au toucher que dans l’histoire. Du coup il pourrait essayer de fabriquer une créature idéale, opposée au monstre, autant dans les sensations tactiles que dans le rôle à lui attribuer. L’adulte accompagnant pourrait dès lors imaginer une sorte d’histoire entre les deux, pour intégrer la représentation de l’enfant et lui montrer que sa version à lui a, aussi, de l’importance.

Découverte du monde

Pour les enfants déficients visuels, il est important de leur donner à toucher des objets en rapport avec la narration : lorsque c’est possible des objets réels ou à défaut des objets miniatures, ou dont les sensations sont le plus représentatives possibles de ce qu’est la réalité. L’idéal est d’avoir des objets aux proportions réalistes et aux couleurs contrastées pour les enfants qui ont un reste visuel. À défaut de miniatures en plastique, des peluches peuvent convenir. On amène l’enfant progressivement à une meilleure compréhension du monde qui l’entoure en passant ainsi de la 3D (objets à manipuler) à la 2D (la représentation en relief dans le livre).

Dans un ouvrage comme celui-ci, dont le personnage est imaginaire, la représentation ne peut pas être « conforme à la réalité ». Pour décrire le monstre et le donner à toucher, on s’appuiera donc plutôt sur l’imaginaire collectif des enfants à propos de la notion de monstrueux (ainsi que du texte du livre original, ici). Ainsi le monstre possède de nombreux bras, un corps rugueux, de grandes dents, trois yeux, des sourcils épais et des oreilles pointues.

Les enfants peuvent toucher tour à tour les différentes parties du monstre et essayer de deviner ce que c’est avant que l’adulte ne donne la réponse. Avec des enfants ayant un reste visuel, on peut faire la même chose.

Ateliers d’expression

  • Proposer à tous les enfants de venir costumés en monstres, pas le monstre de l’histoire, mais leur propre représentation d’un monstre.
  • Puis les faire s’expliquer mutuellement les raisons de leur choix : pourquoi tel monstre serait vert ? pourquoi tel autre serait rêche ?
  • Ou alors faire le même exercice en leur demandant de se déguiser en ce qu’ils considèrent comme des créatures merveilleuses, comme l’inverse d’un monstre. De même, pourquoi ces choix ? Leur montrer ainsi que chacune de leurs visions est légitime et que chaque monstre ou créature merveilleuse est aussi valable que les autres.
  • Leur demander d’imaginer une petite histoire avec tous les personnages ; par exemple une réunion de monstres ; ou une bataille entre les monstres et les gentilles créatures ; ou une réunion pour devenir amis.
  • Leur demander ensuite de créer une version tactile de leurs personnages, pour les représenter en globalité et comme ils le souhaitent.
  • Ils peuvent le faire aussi en groupe, à la façon d’un “cadavre exquis” : chacun choisit un élément, et une fois assemblés ils auront formé à eux tous le monstre global.
  • Éventuellement, mimer leur histoire chacun avec son personnage, en participant tous ensemble, puis en s’échangeant les personnages … Avec des enfants non-voyants, il faudra intégrer beaucoup de descriptions au mime, amener les enfants à décrire précisément leurs gestes (peut-être leur faire toucher des objets précis pour qu’ils puissent bien re-mimer ensuite ce qu’ils ont eu sous les doigts, bien décrire). Cela évitera d’utiliser des mots relevant d’objets pas accessibles aux non-voyants.

La conscience de l’écrit pour les enfants aveugles

  • Même si votre enfant ne sait pas encore lire le braille, faites-lui toucher le texte en braille car, à la différence des enfants voyants qui sont entourés de lettres et de chiffres, l’enfant aveugle est rarement amené à toucher des caractères en braille.
  • Faites-lui sentir la différence entre des mots courts : monstre/queue et des mots longs : kilomètres/aubergine.

 

Âge des enfants concernés :

  • à partir de 3-4 ans
  • à partir de 6 ans pour l’écriture en braille (au CP)

Nombre d’enfants : activités à effectuer par petits groupes, de 5 à 15 enfants.

La Revue des livres pour enfants (BNF), n°310, décembre 2019

Extrait de la rubrique “Nouveautés albums” : “Comment reconnaitre un monstre”

mention “Bravo”

“On admire toujours le travail d’adaptation tactile de cet éditeur, qui apporte à ses réalisations un soin et une attention constante : le choix des matières, l’invention graphique et tactile sont toujours au rendez-vous. Chaque élément est pensé, choisi pour l’effet qu’il va rendre, pour ravir à la fois le toucher mais aussi la vue et offrir un livre de partage entre voyants et non-voyants, adultes et enfants. Alors le petit rond rouge pourra explorer, manipuler le bras si nombreux, la longue queue, les oreilles pointues et la bouche pleine de dents pour s’amuser à reconnaitre le monstre qui se cache dans ces pages et jouer à se faire peur ! Du bel ouvrage.”