Épuisé

Où es-tu, lune?

Émile Jadoul

Lapin et Gros Ours sont inquiets ; Lune a disparu. Girafe, Grand Loup et Zèbre vont leur prêter main forte pour se hisser le plus haut dans le ciel. C’est alors que Lapin, du haut de la pyramide, aperçoit… un drôle de facteur !

Cet album pour les tout-petits permet d’aborder de manière très poétique les notions de temps, de chiffres, d’animaux, de solidarité. C’est l’occasion de proposer des représentations tactiles minimalistes des différents animaux qui peuplent les albums pour enfants.

55,00

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  • Fort contraste, Symbolique
  • Tiresias Infofont, corps 36
  • 9782365931069

Émile Jadoul (text)

Émile Jadoul est né en 1963 à Avennes en Belgique. Depuis qu’il a quitté les l’école des Beaux-Arts, il vit à la campagne dans une petite maison au milieu des bois d’où sortent d’ailleurs régulièrement des lapins, des renards, parfois des cochons et même des ours ! Tous ces animaux lui inspirent des images pleines de couleurs.

Les Doigts Qui Rêvent (tactile artwork)

L’équipe des Doigts Qui Rêvent vous propose ci-dessous quelques activités à effectuer en famille ou en petits groupes (de 5 à 15 enfants),  à partir de 3-4 ans  (ou à partir de 6 ans pour l’écriture en braille). 

Découvrez aussi autour de cet album, les pistes de travail de Marjolaine Baillet, psychomotricienne à l’Institut National des Jeunes Aveugles (Paris), à la rubrique Ressources > Exemples de médiation.

Sensibilisation à la déficience visuelle

Ce livre est une adaptation d’une version illustrée parue aux éditions l’école des loisirs en 2001, actuellement épuisée (fév.2020).

photo couverture édition d'origine "Où es-tu, Lune?", éd L'école des loisirs

Vous pourrez trouver en bibliothèque l’édition originale. Si vous pouvez présenter aux enfants les deux versions de cette histoire, l’une à côté de l’autre, cela permet d’aborder de nombreuses notions :

  • La notion d’adaptation d’un livre, ici en un livre adapté aux publics en situation de handicap
  • Les différents modes de représentation (graphique, tactile)
  • La déficience visuelle (cécité et malvoyance) qui a pour incidence de rendre inaccessibles le texte et les illustrations imprimées (lisibilité et compréhension).
  • L’écriture braille.

Autour de la découverte du braille, avec une tablette braille et un alphabet en braille comprenant le sens de lecture et le sens d’écriture, vous pouvez mener des ateliers d’écriture en braille d’une petite phrase ! Ou bien seulement décoder des mots ou une petite phrase en braille.

Pour aller plus loin, le livret d’activité Yes, you canne… apprendre le braille ! comprend de nombreux jeux évolutifs autour de l’écriture braille !

 

Observer, imaginer, représenter

Les personnages du livre sont illustrés avec des formes géométriques assez simples, et des textures variées. Il s’agit d’une représentation symbolique tactile des principaux attributs de plusieurs animaux : le loup est représenté par ses grandes dents et sa gueule triangulaire ; la girafe par son long cou et ses taches ; le lapin par ses grandes oreilles et sa fourrure douce. Pour les enfants aveugles, la lecture tactile s’appréhende de façon séquentielle, par un processus d’exploration manuelle (contrairement à la pratique visuelle, qui s’effectue de façon globale, synthétique). Ces illustrations, de type symbolique, seront rapidement comprises des enfants pour une lecture plaisir assez intuitive. L’effort cognitif est allégé. À travers ce livre, on comprend donc le rôle que revêt le toucher lorsqu’on ne voit pas.

L’enfant peut imaginer son propre bestiaire : 

  • quels animaux pourraient chercher la lune avec le lapin : un cochon ? une vache ? un lion ?
  • et proposer une représentation symbolique tactile à partir de leurs principaux attributs. Par exemple pour le lion une boule de crinière orange et rugueuse, ou pour le cochon une queue en tire-bouchon. L’enfant fabrique ainsi une version tactile, en découpant les formes dans les tissus et matières qu’il a choisis.
  • Et le donner à lire à d’autres enfants

Inversement, l’enfant peut imaginer ce qui se passerait si c’était le soleil qui n’apparaissait plus au début de l’histoire ; ou si la lune refusait au contraire de partir.

Découverte du monde

Pour les enfants déficients visuels, il est important de leur donner à toucher des objets en rapport avec la narration : lorsque c’est possible des objets réels ou à défaut des objets miniatures, ou dont les sensations sont le plus représentatives possibles de ce qu’est la réalité. L’idéal est d’avoir des objets aux proportions réalistes et aux couleurs contrastées pour les enfants qui ont une vision résiduelle. À défaut de miniatures en plastique, des peluches peuvent convenir. On amène l’enfant progressivement à une meilleure compréhension du monde qui l’entoure en passant ainsi de la 3D (objets à manipuler) à la 2D (la représentation en relief dans le livre).

Ce livre-ci facilite particulièrement la prise d’autonomie de l’enfant, puisque sa manière de représenter les choses permet de les appréhender beaucoup plus intuitivement : ainsi, les caractéristiques principales des animaux, mais aussi leur taille, permettent une reconnaissance aisée à l’enfant : le lapin est plus petit que l’ours, qui lui-même est plus petit que la girafe… Cette idée de proportionnalité est bien retranscrite dans l’empilement logique des animaux : c’est le lapin qui monte sur la tête du zèbre, parce qu’il serait impossible que l’inverse se produise.

On peut par exemple, pour continuer dans cette logique, proposer à l’enfant de reproduire cet empilement avec des peluches qui auront aussi des tailles différentes ; ou avec des cubes.

Avec des enfants ayant une vision résiduelle, on peut faire la même chose.

Ateliers d’expression

Proposer à tous les enfants de venir costumés en animaux, ceux de leur choix, puis de raconter une histoire dans laquelle ils cherchent la lune, de la « jouer ».

Puis chaque enfant explique son choix : pourquoi cet animal serait-il triste que la lune ait disparu ? Comment les animaux s’organiseraient-ils pour la retrouver ?

L’un d’eux peut aussi se déguiser en une lune que les autres cherchent, et leur expliquer ensuite les raisons de son absence.

Éventuellement, aider les enfants à mimer leur personnage… Avec des enfants non-voyants, il faudra intégrer beaucoup de descriptions au mime, amener les enfants à décrire précisément leurs gestes (peut-être leur faire toucher des objets précis pour qu’ils puissent bien re-mimer ensuite ce qu’ils ont eu sous les doigts, bien décrire). Cela évitera d’utiliser des mots relevants d’objets pas accessibles aux non-voyants.

On peut également leur proposer un jeu de devinettes, à la manière du « Qui suis-je », fondé sur ce qu’on leur a appris à propos de chacun des animaux. Par exemple, pour leur faire deviner le lapin : « qui a de grandes oreilles, le poil doux et mange des carottes ? » ; ou pour la girafe : « qui vit dans la savane et a un long cou » ?

On fait ainsi émerger les types de représentations qu’on retrouve dans le livre.

On peut également expliquer aux enfants pourquoi la Lune est « perdue » dans l’histoire, et pourquoi elle laisse pour un temps sa place au Soleil : leur expliquer donc le passage du jour à la nuit.

La conscience de l’écrit pour les enfants aveugles

Même si votre enfant ne sait pas encore lire le braille, faites-lui toucher le texte en braille car, à la différence des enfants voyants qui sont entourés de lettres et de chiffres, l’enfant aveugle est rarement amené à toucher des caractères en braille.

Faites-lui sentir la différence entre des mots courts : lune/zèbre et des mots longs : horizon/éclairer.

 

 

 

La Revue des livres pour enfants (BNF), n°309, novembre 2019, “Sélection 2019 : 1000 titres”

Extrait de la rubrique “albums 0-3 ans” : “Où-es tu, Lune ?”

“Remarquable adaptation tactile d’un album paru chez Pastel en 2001″. La lune a disparu. Lapin, ours, girafe et les autres essayent de la retrouver, en grimpant sur les épaules les uns des autres. Aucune trace de la disparue jusqu’à ce qu’ils découvrent une lettre… Ici chaque élément fait sens : les oreilles du lapin, la belle fourrure du loup, le long coup de la girafe… C’est aussi le pari réussi d’oser proposer, pour des enfants non-voyants, une histoire qui parle de la vue, de la nuit et du jour, de la lumière que l’on peut ici quasiment toucher du bout des doigts. L’éditeur a reçu le prestigieux prix international Asahi en 2018.”