L’enfant et la lecture

Pour accompagner un enfant déficient visuel

Pour accompagner des parents déficients visuels

Devinette : QUI EST QUI ?

Pour accompagner un enfant déficient visuel

Dès la naissance

Nous vous conseillons vivement de commencer à lire à voix haute des histoires aux enfants dès leur naissance. Ce sont des moments privilégiés entre l’adulte et l’enfant, de découverte de l’objet livre, d’une histoire lue par la voix aimée d’un parent.

Dès que l’enfant peut se tenir assis, si le livre tactile lu comporte des illustrations tactiles —l’enfant qui les touchera, agira, donc sera un lecteur— il est préférable que ne figurent que des objets familiers de l’enfant ; on peut commencer par des objets réels (en 3D), connus de l’enfant, fixés sur la page, voire des objets que l’enfant peut détacher de la page et les explorer de et dans ses mains. La motricité fine à cet âge ne permet pas la préhension de formes complexes ; les objets doivent être faciles à manipuler. L’enfant comprend alors, petit à petit, que le livre est un espace de re-présentation du monde. Par exemple, lors d’une promenade, l’enfant a ramassé une feuille, une plume, un caillou, et au retour, on raconte ensemble l’histoire de cette promenade, le parent écrit quelques phrases, on fixe les objets sur la page en regard, et on relie les pages pour que ce soit un livre (agrafes, couture, colle…). Les jours suivant, son parent relira l’histoire, qui sera exactement la même, et les illustrations seront identiques. Le livre conserve le tout. Les livres en tissu sont très bien adaptés à cet âge car très résistants.

À lire pour aller plus loin :

Josephine Stratton, Suzette Wright. En route vers la lecture : Premières expériences de lecture pour des enfants en cécités et en malvoyances. Les Doigts Qui Rêvent, Coll. Corpus Tactilis, 2012.

Claudette Kraemer, La lecture à fleur de peau : la pré-lecture braille, Les Doigts Qui Rêvent, Coll. Corpus Tactilis, 2009

Quelques exemples de livres de premières lectures tactiles à toucher, à caresser, tapoter, gratter pour des découvertes sensorielles avec les doigts… et les oreilles

Toucher c’est jouer, ou certains titres de la collection Oukou Pata (Devine, Mes 5 sens, Les sons...), puis Le petit livre des je t’aime

À partir de 3 ans

On privilégiera des livres tactiles avec des illustrations simples en 2D, c’est-à-dire des formes n’ayant pas de rapports avec un référent, car tenter de reconnaitre dans une image tactile ce que l’on ne connait qu’au toucher demande un apprentissage et un effort cognitif important pour des enfants aveugles ; par exemple, un rond de texture qui incarne un personnage et un triangle d’une autre texture un autre personnage (symbolique) ; cela peut-être aussi une illustration basée sur le mouvement haptique*, par exemple, une balançoire, un tourniquet, un toboggan… (cf. Au pays d’Amandine dine dine). À ce stade l’illustration est plus importante que le texte écrit.

À lire pour aller plus loin : Gerà Révèsz, Psychologie et art des aveugles, Les Doigts Qui Rêvent, Coll. Corpus Tactilis, 2016.

Quelques exemples :  Où est Spot, mon petit chien? Papa poule Scritch, scratch, dip, clapote

À partir de 4-5 ans

On pourra progressivement amener l’enfant vers des illustrations tactile plus figuratives, plus proches des représentations des personnes voyantes, par exemple un arbre, en privilégiant les textures qui devront autant que faire se peut, rappeler l’objet référent ; mais aussi, encore, des représentations symboliques plus construites qui sont la porte vers l’écriture (les lettres sont des symboles complètement arbitraires) ; ces deux types sont importants car les enfants déficients visuels devront les appréhender lors de leur cursus scolaire.

Quelques exemples  :Le géant de noël, C’est mon arbre, Sylvestre et le cailloux magique

À partir de 6 ans

Des albums avec davantage de texte, des livres pour plus grands: fiches illustrées, docu-fiction, cadavre exquis, de quoi affiner les explorations tactiles et imaginaires.

Quelques exemples : Le chevalier qui cherchait ses chaussettes, Les petits explorateurs tactiles au Muséum

Dans tous les cas ! 

Même si un enfant n’est pas encore en âge de savoir lire, il est important qu’il touche des caractères en Braille afin que se développent son sens tactile mais aussi sa conscience de l’écrit*. Un enfant voyant baigne dans un univers avec des lettres et des mots inscrits partout. Ces signes prendront progressivement un sens pour lui. Il faut que l’enfant aveugle affine son toucher et se familiarise, lui aussi, tout doucement à l’alphabet Braille. De plus, comme la lecture est une activité silencieuse, un enfant aveugle peut pas voir une personne lire silencieusement. Il est important de lui faire, très tôt, prendre conscience de l’écrit et du Braille et des outils d’écriture (papier, crayons, tablette et poinçon, Perkins) en lisant des livres tactiles illustrés et en Braille avec lui !

À lire pour aller plus loin :

*Yves Jalbert, Pierre-Olivier Champagne, et al., Le développement de la conscience de l’écrit chez l’enfant aveugle de 0 à 5 ans. Les Doigts Qui Rêvent, Coll. Corpus Tactilis, 2008

*Suzette Wright, Le petit designer : Manuel pour concevoir des Livres Tactiles Illustrés, Les Doigts Qui Rêvent, Coll. Corpus Tactilis, 2018.

Pour accompagner des parents déficients visuels

Des associations accompagnent les parents aveugles qui souhaitent lire des histoires et des albums illustrés à leurs enfants. Une séance de lecture avec un tout-petit ou un enfant plus grand représente un moment très fort de la parentalité.  Au-delà des livres tactiles adaptés et de l’offre des bibliothèques spécialisées comme la Bibliothèque braille enfantine, les parents peuvent eux-mêmes adapter des albums du commerce.

Grâce à des personnes voyantes, les parents insèreront des indices tactiles à chaque double page. Ils permettront de nommer à l’enfant ce qui est représenté dans l’illustration. Ils insèreront également des étiquettes transparentes en braille pour le texte.

Rappelons qu’un enfant peut sembler peu intéressé par un livre à un instant T et avoir une attitude très différente 15 jours plus tard. Pensons à proposer une offre variée et à ne pas écarter des livres trop rapidement.

 

Devinette : QUI EST QUI ?

 

Je suis un rond blanc, tout doux et petit.

Dans une histoire, je peux être un petit lapin, un petit chat, ou un enfant … c’est le texte qui le dira. On a choisi de me représenter comme cela, pour permettre aux plus petites mains (ou aux plus grandes) de rapidement me reconnaitre et de ne pas passer trop de temps à suivre le contour de ma forme…. Je suis l’illustration SYMBOLIQUE.

Je suis un rond blanc, tout doux avec deux oreilles qui se soulèvent et se pincent.

Cette fois-ci je suis le lapin, le texte le dira, mais mes oreilles aussi. Le fait que la main puisse saisir mes oreilles évoque une expérience corporelle, celle de pouvoir glisser ses mains le long des oreilles, c’est le geste, la manipulation qui donnent des informations… le toucher est en mouvement… je suis l’illustration HAPTIQUE. 

Cette fois-ci, j’ai la forme d’un lapin.

Je suis une représentation en 2D texturée, je suis une projection, c’est-à-dire la représentation d’un objet en trois dimensions sur une surface en deux dimensions. Hormis ma texture, je suis très éloignée de la sensation tactile d’un vrai lapin, et le suivi de contour de ma forme et sa compréhension prennent du temps…  Cependant, même complexe, on a besoin de moi pour donner accès à tous au code visuel , ou donner de l’information ( deux oreilles, 4 pattes, un corps)… Je suis l’illustration FIGURATIVE.


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